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Elections 2007 Metn Nord : pronostiques
À 24 heures de l’ouverture des bureaux de vote, la bataille
pour la partielle du Metn semble particulièrement serrée.
L’enjeu dépasse désormais la course pour un siège
parlementaire, mais résume la crise politique qui divise le
pays et qui le pousse droit vers l’impasse si un compromis
n’est pas trouvé le plus tôt possible. Selon une source
proche de Bkerké, ceux qui planifiaient une discorde entre
sunnites et chiites semblent l’avoir remplacée par des
conflits entre les membres d’une même communauté : sunnito-sunnite
au Nord et christiano-chrétien au Metn, provoquant ainsi un
surplus de pourrissement interne. De plus, dans la bataille
du Metn, le perdant ne perdra pas seul et le vainqueur non
plus, puisque chaque candidat est appuyé par un des deux
camps qui contrôlent actuellement la vie politique du pays.
Sauf surprise de dernière minute, il faut donc s’attendre à
un duel féroce, où chaque voix compte désormais.
Selon des estimations
précises,
près de 72 000 électeurs déposeront leur
bulletin demain dans les bureaux de vote du Metn. Et le
vainqueur devrait l’emporter à quelques milliers de voix de
différence seulement.
Si chaque candidat détient des statistiques qui lui sont
favorables, les estimations les plus crédibles ne se
prononcent pas catégoriquement, réservant une marge pour un
ballottage éventuel.
Selon une étude détaillée, les forces électorales au Metn
sont classées de la façon suivante :
- Les forces du 14 Mars peuvent aligner au total entre 35
000 et 36 000 voix réparties de la manière suivante : les
Kataëb du
président Gemayel auraient un total de 12 000
voix, parmi lesquelles il faut compter les 3 000 voix de
ceux qui se sont ralliés à Michel Murr au cours des années
90. Les Forces libanaises de Samir Geagea alignent 4 000
voix et Nassib Lahoud a entre mille et deux mille. Quant à
Solange Gemayel, elle peut compter sur 500 voix qui lui sont
acquises et Gabriel Murr un millier. Émile Kanaan, rival
d’Ibrahim Kanaan, compte 500 voix. Auguste Bakhos, qui est
aussi le rival de Kanaan, en a
près de 250. Le Bloc national de Carlos Eddé
a quelque 300 voix et Sarkis Sarkis en possède un millier.
Le PNL a six cents voix et la Gauche démocratique une
centaine à peu
près. Les Arméniens du Courant du futur (le
Hentchag, le Ramgavar et le groupe de Narik Ibrahimian) en
comptent au total moins d’un millier alors que le Courant du
futur peut aligner 500 voix sunnites au Metn, ainsi que le
PSP de Walid Joumblatt, notamment dans les villages de Mtein,
Broummana et Zaroun. Restent
près de 10 000 voix qui viennent de chrétiens
en principe neutres, mais qui s’inscrivent dans la lignée de
Bkerké et plus particulièrement de certains évêques
influents au Metn.
- Du côté du CPL, les estimations varient entre 36 000 et 37
000 voix. Le courant aouniste, seul, peut en aligner 14 000,
auxquelles il faut ajouter les 4 000 voix de Michel Murr. Le
parti Tachnag a, lui, un paquet de 6 000 voix, mais il n’est
pas certain qu’elles seront toutes mobilisées. Aux dernières
élections, c’était Michel Murr qui se chargeait de leur
logistique, mais comme sa machine électorale n’a commencé à
bouger que depuis vendredi, le nombre de voix de ce parti
reste une inconnue. Le député Ghassan Moukheiber peut donner
un millier de voix et le PSNS 3 000. Le parti d’Élie Hobeika
compte 500 voix et Émile Émile Lahoud en aurait autour de 2
000. Le PCL a quelque 300 voix et le Hezbollah et Amal
peuvent compter sur 2 500 voix sur 3 800 électeurs chiites
inscrits au Metn, essentiellement à Bourj Hammoud et Nabaa.
Talal Arslane en a une centaine. Il faut aussi compter 300 à
400 voix pour l’ancien candidat Walid Khoury, fort à
Baskinta. Et encore à peu
près 4 000 voix de chrétiens hésitants et en
principe neutres, mais qui s’inscrivent aussi dans la ligne
de Bkerké et de certains évêques.
- Quant à Rafi Madayan, qui a formé un mouvement piochant
dans les voix des Arméniens et des communistes, il pourrait
aligner entre mille et mille cinq cents voix, mais il a
déclaré ouvertement sa neutralité, se contentant de saluer
les efforts de Bkerké pour parvenir à un accord entre les
deux parties.
Ce sont évidemment des estimations approximatives, mais
elles donnent une idée assez
précise
de l’équilibre des forces, à la veille de l’ouverture de la
longue journée électorale. C’est dire que la victoire ne
s’annonce aisée ni pour l’un ni pour l’autre.
Restent enfin les possibilités d’incidents entre les deux
camps, notamment dans des secteurs comme Bourj Hammoud et
Fanar où la tension est très forte et où une rixe pourrait
être de nature à décourager les électeurs. D’autant que ce
sont les hésitants qui feront la différence.
Au Metn, la journée du dimanche 5 août ne s’annonce pas de
tout repos.
Scarlett HADDAD |