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« L’Orient Le Jour » : Lundi 22 Mars 2010
Les nuits chaudes de la francophonie…
Par Clermont TONNERE

Achrafieh
La musique francophone était à l'honneur samedi soir dans les bars
et les pubs de Gemmayzé à l'occasion de la Journée internationale de
la francophonie.
Il est 18 heures à Beyrouth. Au niveau zéro de l'ABC, les paroles
d'une chanson familière s'élèvent dans le centre commercial. Il
s'agit du morceau de Philippe Katerine, J'adore Louxor. Soudain,
deux cents flâneurs disséminés parmi la foule s'arrêtent subitement
de bouger. Les participants à cette freeze musicale se sont donné le
mot d'ordre. Ils doivent rester figés jusqu'à la fin de la chanson.
Amusés, les passants assistent à cette mobilisation-éclair, aussi
appelée « flashmob ». Une manifestation pensée et menée, par ses
organisateurs, pour célébrer la Journée internationale de la
francophonie. Un peu plus tard, c'est à Gemmayzé que se retrouvent
les jeunes bénévoles en ce samedi 20 mars. Le temps d'une soirée,
ils se sont emparés du Venue, pub dont ils ont fait leur QG. À 22
heures, la fête commence. Dans la rue, un accordéoniste fredonne
Bambino, tandis que les promeneurs du soir observent avec attention
les statues humaines recouvertes de plâtre. Une atmosphère qui
rappelle les ponts de Paris en été, peuplés de baladins et de
démonstrateurs en tout genre. Plus loin, cracheurs de feu et
échassiers font monter la tension. Pendant que les volontaires,
vêtus de tee-shirts rouges, se mettent à danser sur les trottoirs,
désireux d'entraîner les passants dans leur frénésie. Libanais,
Français, Belges, Canadiens, Tunisiens, tous sont là pour célébrer
la francophonie. Pour Christopher, québécois, la langue française
est la langue de l'amitié entre les pays francophones. Une langue
qui véhicule les valeurs de diversité, de solidarité et de liberté,
selon Myriam, venue, elle, de Tunis. À présent, l'accordéon joue
Padam Padam d'Édith Piaf. Tandis que à l'intérieur des bars,
l'ambiance se réchauffe. Le manager du Lounge est ravi de cette
soirée. « Ça change, les gens apprécient.
On attend beaucoup de monde ce soir, les réservations sont déjà
complètes », explique-t-il. Jusqu'à 2 heures du matin, lui et le DJ
n'ont prévu de ne passer que de la musique française. À la grande
satisfaction de sa clientèle. Attablées au Lounge, un groupe de
jeunes filles trinquent. Ce soir, elles s'attendent à voir défiler
tous les grands tubes de la chanson française, des démons de minuit
à La Ziza, en passant par Les Paroles. Névine, Pascale et Rita ont
l'habitude d'écouter Nostalgie ou France FM et sont incollables sur
les artistes francophones. « J'aime beaucoup Garrou, Céline Dion,
Enrico Macias... et bien sûr Dalida ! » lance Névine. C'est alors
que les premières notes connues d'On va s'aimer retentissent. En un
quart de seconde, le morceau à succès de Gilbert Montagné parvient à
emballer la salle et l'on se met à danser. À quelques mètres de là,
Le Corléone a choisi de consacrer cette soirée à Édith Piaf.
L'ambiance est plutôt calme dans le restaurant, qui fermera lui ses
portes à minuit. Ailleurs, les voix des légendes francophones
résonneront jusqu'à deux heures du matin avant que bars et clubs ne
reprennent leur cours habituel.
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