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MTAIN  Image d'une architecture libanaise  Ed. Issam Salamé    
 

NB.La Note de l’éditeur, Texte extait de l’ouvrage de l’architecte Issam Salamé « MTAIN Image D’une Architecture Libanaise).

NOTE DE L'EDITEUR
Rien ne me semblait plus approprié que de raconter l'histoire de Mtain, pour déchiffrer le dialogue entre l'esprit et la matière qui anime l'âme de mon village.
Ce chapitre d'histoire à travers l'outil vivant "la photo" transmettera une partie de notre patrimoine national et prouvera un authentique témoignage de notre culture libanaise qui ne cesse de vivre une guerre indéterminable à travers nos générations pour se retrouver, un jour, là où la paix de la culture humaine s'implantera.

Calquée sur l'histoire du Liban, l'histoire de Mtain dans sa diversité féodale, rurale, industrielle, éducative et nationale, n'a jamais été bien cernée. Cette alternance des époques politico-sociales reflète une culture riche en matière de moral en évidence et par suite en matière de pouvoir, d'où le respect entre l'organisation rurale et architecturale d'une part et l'homogénéité sociale vécue pendant quatre siècles d'autre part. Ces deux tendent vers un urbanisme en parfaite harmonie avec nos valeurs.

400 ANS D'HISTOIRE DE MTAIN.

Plusieurs dates de références feront l'objet d'études plus approfondies de la societé et la culture de Mtain:

Année 1616:
Première date de l'histoire vécue de Mtain. Le décés du premier Emir ABILLAMA (branche Mourad ABILLAMA) en présence de la famille KANTAR.
Année 1711:
bataille de "AIN DARA" Début de l'époque féodale des princes ABILLAMA à Mtain.

Année 1790:
- les familles AKL et KANTAR face aux princes ABILLAMA
- Début du rôle éducatif de Mtain
(Fondation du couvent et école Saint Joseph à Mtain)

Année 1860:
Fin de l'époque féodale et début de l'époque industrielle.
Mtain était le centre agricole, commercial et industriel de la région.
(Sept filatures de soie et douze pressoirs de vin.)

Année 1914:
Première guerre mondiale: Mtain a perdu durant cette guerre les deux tiers de ses " 1000 habitants" (50% morts et 50% réfugiés).

Année 1939:
Relance du rôle éducatif de Mtain (plus que 4 écoles privées et publiques). Préparation de l'époque nationale, avant et après l'indépendance, avec une brillante présence politique au sein du gouvernement libanais.

Année 1975: La guerre du liban a ravagé Mtain qui a perdu beaucoup de ses habitants et 80% du domaine bâti.


Mtain est un des plus grands domaines cadastraux et municipaux au Liban.

MTAIN, cette leçon en architecture expérimentale, représente avec ses oeuvres architecturales une gamme complète de notre construction.

- La maison rectangulaire avec toiture en terre battue.

- La maison composée en 2 rectangles avec différentes toitures (tuiles et terre battue)

La maison carrée ou rectangulaire à double niveau avec toiture en tuiles.

La maison à galerie.

Les palais en U ou L ou carrés avec des patios.

Ces oeuvres ont été l'expression de la culture des villageois qui gardent leurs valeurs pour construire leur avenir et faire sculpter leurs refuges pour protéger leurs corps et leurs esprits dans un cadre rural reflétant une culture communautaire et homogène autour de la "PLACE DE MTAIN".

En publiant aujourd'hui sous forme de "photo album" 40 photos de notre patrimoine architectural à Mtain, nous laissons la porte ouverte à nos talents penseurs et architectes pour concevoir un avenir propice à notre structure sociale riche en valeur et ornée d'une mosaique suprême.
Issam Salamé

 

Vue du Midan années 60



NB. La place de Mtein … Texte extait de l’ouvrage de l’architecte Issam Salamé « MTAIN Image D’une Architecture Libanaise ».



LA PLACE DE MTAIN,
TRADITION & TRANSITION
LE MIDANE
DES OMARAS ABILLAMA

C'est à travers le patrimoine architectural d'un peuple que se révèlent son passé et la richesse de sa culture. L'architecture traditionnelle libanaise témoigne un art de vivre particulier fait de dialogue avec l'homme et la nature. Mtain, un village ensoleillé de la montagne libanaise, nous fournit avec ses belles oeuvres architecturales (palais et autres demeures de différentes époques) un exemple typique. Mais la
meilleure caractéristique de ce village, c'est sa place: "LE MIDANE"...


Mtain ou "la mère des villages du Matn" selon le père Martin (histoire du Liban - 1888 -) est l'un des plus anciens villages du Liban; la présence humaine y remonte au moins a l'antiquité romaine d'après Maurice Fevret (1950). Mais sa place actuelle ne devient un centre important qu'en 1616 quand ALAM EDINE BIN BILLAMA (Mokadam) est venu s'y installer. Plus tard, en 1711 après la bataille de "AIN DARA", les Abillama étant aux côtes de l'Emir HAIDAR CHEHAB ont reçu le titre "d'EMIR" signe de gratitude et ont partagé le Matn en trois parties. L'Emir MOURAD fit de Mtain son siège.



A cette époque quatre palais furent constuits autour de la place. Cette place centrale de 5000 m2 où se déroulaient toutes les festivités symbolisant le pouvoir féodal du XVII ème siècle jusqu'à la moitié du XIX ème siècle prit le nom de "MIDANE DES OMARAS". Comme l'indique son nom en arabe, le midane était réservé aux émirs pour les grandes réunions, les parades militaires et les courses hippiques. Trois éléments le distinguaient le "maquaad" ou les bancs de pierre réservés aux émirs, le kiosque réservé aux princesses, "Emirates", et enfin la console du porche d'entrée du palais "Mir MAHMOUD" ou les criminels étaient pendus près du palais de la justice.

Après 1860, le régime féodal aboli, les ABILLAMA incapables d'entretenir leurs palais, se sont trouvés obligés de les vendre aux villageois. Le Midane, devenu la place de Mtain est ainsi resté le centre des activités du village.
Avec le temps le développement de la construction a délimité la place en réduisant son espace négatif. La nouvelle architecture dont la composition et les formes étaient spontanées sortait du cadre du style du palais.



En 1975, 25% du domaine bâti de Mtain entourait déjà la place desservie par l'axe routier qui relie les deux Matns ainsi que par deux rues secondaires et un passage pour piétons.
Vu sa situation géographique et son activité économique grandissante, la place lut le lieu de rencontre de tous les villageois: c'est là que se déroulaient les fêtes saisonnières, les scènes de "Zajal", les pièces de théâtre, les opérettes, les réceptions officielles et même les rencontres sportives... ce qui explique l'installation quoique tardive, de la municipalité, d'un club sportif', d'un club musical et de la fanfare dans des bâtiments entourant la place.
Il est vrai qu'à l'état actuel, la forme de la place n'est pas directement appréhendée et que les bâtiments historiques qui l'entourent ont beaucoup souffert pendant la guerre, mais des perspectives plus ou moins intéressantes ne cessent de ponctuer la lecture de cet espace: ici, le portail de l'un des palais se dresse dans le prolongement d'une route secondaire; là-bas, le kiosque se découvre au tournant d'une rue ou à travers un arbuste...
partout c'est le spectacle ou la surprise, la Flânerie ou le rassemblement.


 

Vue du Midan au temps du football


Aujourd'hui, la place si riche en histoires et en valeurs architecturales offre de nombreux avantages au niveau touristique, commercial, culturel et social, mérite un intérêt sérieux et spécial afin de sauvegarder son héritage architectural et urbain... En attendant des jours meilleurs, l'ancien "MIDANE" du début du XVIIème siècle, témoin d'une amorce d'un véritable urbanisme ne serait-il pas digne de servir d'exemple ou au moins de motivation à la fin du XXème siècle?
Issam SALAME (Architecte)
Salim ABOU RIZK (Architecte)

Extrait de la revue d'INFORMATION no 1 de la Commission Nationale Libanaise pour l'UNESCO 1997



 



 

 

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